Cahiers Maubert 2006
thème : le temps
 

Le temps, thème du colloque, peut être compris de plusieurs façons :

- comme destructeur, puisque tout semble sous son emprise voué à la mort, à la dégradation, à la corruption ;

- comme créateur, puisque l’imperfection et la finitude du monde laissent place à l’avènement de quelque chose qui n’existait pas encore. La création humaine par exemple qui n’aurait pu se faire si le monde était parfait et achevé ;

- comme épreuve, puisque ce qui résiste à l’usure du temps le surmonte et prouve peut-être que quelque chose en ce monde s’apparente, par sa valeur, à l’éternité.

    De ces trois éléments dépend la dimension conservatrice du temps.

En effet, si le temps est destructeur, il faut tout faire pour lui résister, et donc conserver ce qui doit durer (institutions, mœurs etc.). Si par ailleurs le temps éprouve, cela signifie a contrario qu’il permet de ratifier la valeur de ce qui lui a résisté ; et c’est là une bonne chose.

Mais le temps peut aussi, outre rendre les choses caduques, conserver ce qui est sans valeur, ou devenu inopportun. Un discernement s’impose donc pour décider de ce qu’il convient de conserver.

    Quoi qu’il en soit, la dimension conservatrice du temps ne s’oppose pas forcément à la création. Une nouveauté peut apparaître sans reniement du passé. Tel est sans doute le cas de la tradition vivante.

Les 11, 12, 13 et 14 avril 2006, étudiants des deux premières années, professeurs et invités, étaient réunis à l’occasion du colloque annuel de l’Institut Albert le Grand pour réfléchir ensemble au thème du temps et à ses dimensions ci-dessus évoquées.

Des trente-six communications des étudiants de deuxième année, cinq ont été retenues pour publication. Trois professeurs ont souhaité ajouter un article dans ce premier numéro des Cahiers Maubert. Qu’ils en soient ici vivement remerciés.

    Les travaux des étudiants, retenus évidemment pour leur qualité, comportent encore des défauts qu’il n’a pas été possible de corriger. Particulièrement plusieurs références de citations manquent. Nous comptons sur la bienveillance de nos lecteurs pour ne retenir que l’effort et la valeur de leur premier travail de recherche dans l’enseignement supérieur. Bonne lecture !

Bertrand Senez, directeur des études de l’Institut Albert le Grand.

 

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